Avant de sortir, aviez-vous bien consulté la météo cet été ?

Parmi les dictons bien connus de la place financière « Sell in may and go away »* a trouvé un écho particulier ces derniers mois suite aux perturbations estivales des marchés financiers.
Si vous aviez investi sur les places européennes mais que vous étiez bien conseillé, alors la météo boursière n’a pas dû perturber vos vacances et le soleil a été plus cuisant que les pertes éventuelles.

Entre luxe & Prestige a sollicité la société OTEA capital pour animer la rubrique « Gestion de patrimoine » de son magazine. Pour ce numéro, une rétrospective sur ce que l’on a parfois appelé « le mini krach estival ».

Par Laurent Puget

 

Une brève histoire des krachs boursiers… ?

L’expression «krach boursier» désigne un effondrement brutal et spectaculaire (en général, le terme krach est utilisé lorsque les cours baissent de plus de 20% en quelques jours) des cours des valeurs mobilières sur un marché financier. On parle aussi de krach dans l’immobilier. Il est dû à un afflux massif d’ordres émanant d’investisseurs prêts à vendre leurs actions à n’importe quel prix.

Il intervient généralement lors d’apparition de bulles spéculatives au moment où le décalage entre la valeur marchande d’un actif et sa valeur réelle devient totalement injustifiable. On se souvient ainsi du symptomatique krach des tulipes au XVIIe siècle où un simple bulbe de tulipe a pu se vendre le prix d’un terrain de cinq hectares : chacun voulant profiter de cet engouement et prendre sa marge au passage, les prix ont commencé à se dé-corréler de la valeur intrinsèque d’une fleur, si belle soit-elle… jusqu’au jour où le bon sens a repris le dessus avec une chute encore plus vertigineuse que la flambée précédente, les acheteurs ayant déserté la place, seuls les vendeurs restaient avec leur stock à écouler. L’histoire des marchés financiers est ainsi peuplée de krachs plus ou moins célèbres mais toujours très douloureux pour les investisseurs, du XVIIe aux plus récents tels le lundi noir à Wall Street en 1987, la crise des bourses d’Asie du Sud-Est en 1997 et tous ceux qui successivement ont émaillé ces dernières années.

Les marchés financiers se sont effondrés cet été, peut-on parler de krach ?

La croissance réelle de l’économie, l’apparition d’un nouveau secteur économique ou d’une révolution technologique entraine une hausse généralisée des cours des actions. Cet enrichissement de certains entraine un afflux d’investisseurs sur des marchés en hausse (instinct grégaire ; le chiffre des petits porteurs chinois a dépassé 80 millions cet été... plus que le nombre d’inscrits au PC Chinois, tout un symbole), qui conduit à une surévaluation du marché boursier (ou immobilier) et à un décalage entre le cours des actions et l’économie réelle (période d’euphorie) que rien ne semble pouvoir arrêter. Puis une prise de conscience de cette surévaluation par une minorité d’investisseurs bientôt suivie par la majorité déclenche une vente massive de la part des investisseurs (panique) entrainant une chute des cours qui alimente une spirale infernale à la baisse. Le phénomène peut être amplifié par l’usage de l’endettement et de l’informatique dans les transactions boursières.

Lorsque la bourse de Shanghai perd plus de 30% en deux mois et le CAC 40 10% sur le mois d’août, on peut se demander légitimement si l’on se trouve dans la situation d’un krach boursier.

Pouvait-on prévoir cette « correction estivale » ?

Avant l’été, le marché avait pris 20% depuis le début de l’année, ce qui représentait déjà une belle performance et appelait certainement une correction d’ici la fin 2015. A cet égard, nous avions donc réduit la voilure en exposition actions pour nos fonds diversifiés flexibles [un fonds diversifié flexible est un ensemble de valeurs actions-taux-obligations que l’on peut moduler selon les phases de marché. Ndlr.] avant la période estivale. Les mois d’été offrent régulièrement des épisodes de forte volatilité en raison du nombre réduit d’acteurs présents et du faible volume traité. Ces deux effets se conjuguant concomitamment à cette période, ils amplifient le phénomène de volatilité naturel d’un marché. En outre, on ne mesure pas la part de panique liée aux robo-advisors qui suivent des tendances de marché qu’ils créent eux-mêmes par leurs analyses grégaires.

En mettant de côté le caractère structurellement déséquilibré de cette période, d’autres signes avant-coureurs que nous suivions avec intérêt auraient pu alerter les investisseurs que nous sommes et leur faire prendre les décisions pertinentes. Au premier rang de ces signes : la dévaluation du yuan, la baisse du pétrole et les taux bas.

Après avoir disséqué la crise et expliqué a posteriori que tout un chacun aurait pu la prévoir et anticiper ce qu’il fallait faire, gardons l’humilité de reconnaître que nous aurions pu vendre un peu plus tôt et racheter un peu plus tard.

Alors, continuons plus que jamais à adopter une position raisonnablement prudente en essayant de saisir les opportunités qui naissent parfois d’une trop grande aversion au risque des acteurs de marché et en restant en retrait lors des périodes de trop grande confiance.

* Vendre en mai et partir.

Le mot du gérant

La meilleure parade face à la fièvre du marché et aux bulles spéculatives reste l’analyse fondamentale des valeurs dans lesquelles les gérants de sociétés investissent. Ainsi, nous étudions l’évolution dans le temps et le développement concurrentiel des entreprises pour aboutir à une conviction. Les sociétés que nous retenons sont celles que nous identifions comme exerçant sur des marchés où le potentiel de croissance est réel pour permettre un investissement dans la durée.

OTEA capital a été fondé par trois associés. Nous investissons une partie significative de notre patrimoine aux côtés de nos clients sur le long terme. Nous nous employons à faire croître leur patrimoine en l’investissant prudemment dans des entreprises aux risques limités. Privilégiez la durée pour tisser avec l’équipe d’OTEA capital cette relation de confiance indispensable à la valorisation de votre patrimoine.

OTEA capital est une société de gestion de fonds créée en 2008. Elle propose à ses clients investisseurs privés, entreprises ou grands institutionnels une gestion collective ou privée à travers quatre fonds offrant diverses opportunités (éligibilité PEA, Assurance-vie, compte-titre, etc.)

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