Les « voitures de collection » ont-elles la cote ?

Voitures issues des grands fabricants d’hier et d’aujourd’hui que sont Ferrari, Aston Martin, Maserati, Porsche... ces « objets passion » procurent plaisir et satisfaction, mais ont-ils la cote ? OTEA capital, société de gestion de fonds jeune et dynamique, décrypte pour vous les alléchantes mais parfois fallacieuses perspectives de rendement et ce que l’on peut réellement en attendre.

Entre Luxe & Prestige a sollicité la société OTEA capital pour animer la rubrique « Gestion de Patrimoine » de son magazine. A chaque numéro, un aspect de votre patrimoine sera étudié. Pour ce numéro, pleins feux sur une catégorie particulière d’« objets passion », les voitures de collection.

Par Laurent Puge 

 

Côté fiscalité, existe-t-il des avantages à investir dans une voiture ?

Tout dépend déjà du statut de la voiture. S’il s’agit d’une voiture dite de collection au sens administratif du terme, la fiscalité qui s’applique s’avère avantageuse. Rappelons que la définition du label « véhicule de collection » s’est précisée depuis la circulaire douanière de 2014. En dehors des véhicules ayant participé à un événement historique ou ceux conçus pour la compétition et ayant remporté des prix prestigieux dans des courses nationales ou internationales, pour bénéficier de ce label, votre voiture doit répondre à trois critères cumulatifs : être dans son état d’origine sans modifications majeures, avoir plus de 30 ans et appartenir à un modèle dont la production a cessé. A ces conditions, la valeur de votre voiture de collection n’entre pas – pour le moment - dans le calcul de l’ISF. Sans vouloir raviver la querelle des anciens et des modernes, il s’avère alors plus avantageux de posséder une belle voiture ancienne qui vaudrait plusieurs millions plutôt que de s’offrir une voiture neuve de quelques centaines de milliers... toutes sensations de conduite mises à part !

Concentrons-nous alors sur les voitures de collection, sont-
elles un placement comme un autre ?
Les voitures de collection ont connu une très forte progression en valeur ces dernières années, et ce d’autant plus qu’elles étaient rares pour quatre raisons principales : abondance de liquidités, cherté du marché de l’art qui rend l’accès aux artistes connus plus ardu, arrivée des fortunes des émergents renforçant encore la demande face à une offre limitée et volonté d’avoir des actifs physiques face à la création sans précédent de monnaie papier. Nul ne peut nier qu’elles ont constitué un placement extraordinairement bénéfique ces dernières années. Cela peut-il continuer ?

Certainement... ou pas. La voiture de collection ne produit rien et l’appréciation de sa valeur ne tient qu’à l’existence d’une personne prête à la racheter plus cher que vous ne l’avez payée. Il faut garder cela à l’esprit. Contrairement à une part d’entreprise, elle ne produit aucune augmentation intrinsèque de valeur : elle se compare plus à l’or qu’à tout autre placement financier. Comme l’explique Warren Buffett, l’or est un placement absurde car l’or coûte cher à extraire et cher à détenir, ne produit rien et ne vaut que ce que le marché veut bien le payer. C’est un peu le cas d’une voiture de collection. Celui qui l’achète par passion parce qu’il en a les moyens est sûr de ne pas se tromper, celui qui l’achète avec la seule motivation de la revendre plus cher prend un risque certain et d’autant plus important que la valeur a déjà beaucoup monté.

Et que penser des fonds de voitures de collection ?

Ce serait une alternative, mais peut-on vraiment considérer les fonds de voitures de collection comme une bonne idée ? Nombreux sont les passionnés et investisseurs qui se posent cette question face à l’envolée des prix des voitures de collection tant ils sont désormais trop élevés pour bien des portefeuilles. Mutualiser l’achat d’une voiture de rêve et se retrouver propriétaire d’une part de celle-ci, le tout en s’enrichissant, qui n’y verrait pas une bonne idée ? Mais arrêtons-nous un instant sur les détails d’une telle opération. Ce type d’investissement révèle à l’usage des conditions sous-jacentes dont la complexité nous parait telle qu’elle obère une grande partie de ses avantages. Passons sur le gérant et sa capacité à payer le bon prix pour la bonne voiture sans défauts ou vices propres à en ruiner la valeur. Sans compter la rémunération du gérant, une voiture de collection a un coût de détention important lié à l’usage d’un parking approprié,à la souscription d’une assurance particulière, à l’entretien... et ce coût augmente de façon considérable si elle roule, pour devenir exorbitant si cette utilisation est ouverte aux souscripteurs du fonds. Reste le problème, et pas le moindre, de la liquidité du placement. Là encore rien ne semble moins adapté à la voiture de collection que l’enveloppe d’un fonds d’investissement. Soit cette liquidité n’existera pas ou ne sera que virtuelle, soit elle imposera une décote telle qu’elle pourrait réduire, voire supprimer, l’éventuelle plus-value.

OTEA capital est une société de gestion de fonds créée en 2008. Elle propose à ses clients investisseurs privés, entreprises ou grands institutionnels une gestion collective ou privée à travers quatre fonds offrant diverses opportunités (éligibilité PEA, Assurance-vie, compte-titre, etc.)

Venir nous voir : OTEA capital – 25, rue Quentin Bauchart 75008 Paris (Métro George V).
Nous contacter : 09 73 87 02 73
Anne-Laure Bouet : anne-laure.bouet@otea-capital.com

www.otea-capital.com

 

Le mot du gérant 

Gardons la tête froide. Mieux vaut considérer la voiture comme la satisfaction de la jouissance d’un bel objet que comme la recherche d’un placement financier lucratif, même si l’éventuelle plus-value à la revente – qui constitue la cerise sur le gâteau - s’avère parfois très grosse. La recherche du retour sur investissement ne peut être l’unique raison de s’orienter vers ce type d’achat hormis s’il s’accompagne de la conscience du risque intrinsèque d’un tel placement. Concernant les fonds de voitures de collection, les conditions pour un investissement ne nous semblent pas optimales. Sauf à vérifier que le fonds proposé offre une véritable solution aux problèmes évoqués, ce placement nous paraît davantage porteur de risques de déconvenue que de chances de félicité, fut-elle purement financière. Rappelons que l’objet d’art, et plus particulièrement la voiture de collection, se revend rarement aussi vite ni aussi bien que des actions. Si vous recherchez la croissance de votre patrimoine financier avec une réelle souplesse dans la disponibilité de votre argent, modulo votre aversion au risque, privilégiez un investissement dans des fonds adaptés à votre objectif patrimonial. 

Laurent Puget Président d’OTEA 

 

  • Aston Martin DB4 Zagato
    Aston Martin DB4 Zagato
  • Ferrari 308 GTB gr 4 Sponsorisée par OTEA capital dans le cadre du Tour auto 2015
    Ferrari 308 GTB gr 4 Sponsorisée par OTEA capital dans le cadre du Tour auto 2015
  • Laurent Puget Président d’OTEA
    Laurent Puget Président d’OTEA
  • Bull & Bear
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