Métier d'art

THG PARIS

THG PARIS

Une carrière de journaliste est ponctuée de rencontres, certaines lui permettent de prendre tout son sens comme celle de la famille Gosse à la tête de la Maison THG. Une entreprise auréolée du label EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant) dont la réputation et la qualité des productions n’a d’égal que la simplicité et la passion qui a permis à ses dirigeants de hisser une simple robinetterie au niveau d’objets d’art parmi les plus raffinés. Un succès méconnu du grand public qui attire néanmoins depuis de nombreuses années les plus grands architectes d’intérieur de la planète. Humilité, innovation et gentillesse semblent être les moteurs de cette réussite exceptionnelle.

D’une petite entreprise artisanale à l’arrière d’une maison, THG est aujourd’hui la référence en matière de robinetterie de luxe. La société doit sa réussite en parti au boom économique des trente glorieuses comme beaucoup d’autres dans d’autres domaines industriels, mais surtout à une capacité d’innovation sans faille. L’histoire débute en 1950, lorsque trois hommes, Julien Haudiquez, André Tetard et Alexandre Grisoni fondent  la Robinetterie de la Poste, un atelier qui a produit accessoires pour salles de bains et cuisines. En 1956, succès aidant, la société quitte la place de Béthencourt-sur-mer pour des locaux plus adaptés. C’est à cette époque que la société prend le nom de THG, les initiales des fondateurs. A cette époque la salle de bains n’avait pas la place qu’elle a aujourd’hui dans les foyers français. Dans les années 70, le robinet n’est encore considéré que comme un objet purement utilitaire. C’est l’arrivée de Jean Claude Delépine qui sera le premier à apporter une notion d’esthétisme aux salles de bain par ses créations Mandarin, Diplomate, Médicis, Venezia, Duomo, Nizua, Broadway et Ellipse. Depuis sa mort en 2003, THG a continué à développer la marque Jean-Claude Delépine, à travers l'étiquette JCD Créations, tout en gardant l'esprit du maître bien à l'esprit. Ces créations intemporelles signées Jean-Claude Delépine ont ouvert la porte à de nombreux autres designers. La  marque a déjà collaboré avec le Studio Putman, Pierre Yves Rochon, Jamie Drake, Chantal Thomass, Olivier Gagnère ou Alberto Pinto.  Au décès de son beau-père, en 1987, Laurence Gosse reprend la destinée de cette entreprise de 70 personnes. Afin de lutter contre une forte concurrence, en particulier venue d'Italie et d'Allemagne, Michel Gosse réorganise l'entreprise en se consacrant uniquement à la production de luxe. Des collaborations avec des designers de renom et des partenariats avec des grands noms de marques de luxe  vaudront à THG une réputation mondiale. Désormais le client a plus la sensation d’acheter du Daum ou du Lalique plus qu’un produit THG. Pourtant tout n’a pas été facile comme le confesse Michel Gosse pour séduire les marques de luxe. Armée d’une valise d’échantillons, il finira par obtenir un rendez-vous afin de présenter ses créations et finit par convaincre une maison centenaire, Lalique, en prétextant l’existence d’une commande fictive pour un riche client saoudien. Un coup de poker qui se transformera en coup de génie. Aujourd’hui, THG est sollicité directement par des sociétés comme Baccarat ou Lalique.
L’entreprise travaille à la prescription et partage désormais de nombreuses informations qui lui permettent de se positionner sur les projets de nouveaux hôtels. "Il y a une véritable synergie avec des marques comme Bernardaud qui fournit la vaisselle et développe avec nous les accessoires de salle de bain comme pour le Conférence Palace Hôtel. Les produits signés sont une vitrine exceptionnelle, même si cela ne représente que 30% du chiffre d’affaires de THG" - Michel Gosse. Le succès est au rendez-vous avec pas moins de 210 employés sur le site couvert de 28.000 m2 et d’une trentaine de polisseur travaillant à domicile. Un succès qui se traduit par la confiance d’architectes qui permettent à THG d’équiper les plus beaux palaces et hôtels de la planète. Du Plaza Athénée, au Fouquet’s, en passant par le Bristol, le Crillon ou le Shangri-la. THG est une référence à Paris, mais aussi en Italie en Grèce, au Maroc, dans le Sultanat d’Oman, en Espagne, en Suisse , en Tunisie, en Angleterre, aux USA et dans les Émirats Arabes Unis. Une vraie réussite même si la marque regrette de ne remporter que dix pour cent du marché des grands hôtels. A chaque projet hôtelier, THG doit se mettre en mode projet et faire preuve de savoir-faire et d’imagination afin de satisfaire à la fois les demandes techniques tout en s’adaptant à la typologie de l’établissement. C’est le cas des dernières réalisations de THG, le tout nouveau Four Seasons de Bahrain Bay situé dans la capitale, Manama, sa décoration chic est signée Pierre-Yves Rochon. Michel Gosse reconnaît ne plus avoir à faire de tour de table pour capter la confiance des architectes. Sa méthode de travail est faite d’écoute, de travail et d’une capacité à sortir du catalogue. Un hôtel de 160 chambres nécessite la création de 26.000 références. "Le fait d’être en présence d’un marché très normé a permis à THG de développer un savoir-faire certain. De plus contrairement à nos concurrents, THG n’est pas confronté a devoir proposer un mitigeur à un prix concurrentiel, la technicité sert le niveau de prix et de savoir-faire de l’entreprise" - Michel Gosse.

THG est aussi un symbole de raffinement qui s’embarque sur de nombreux Yachts: plus d’une soixantaine de réalisations de prestige. Ce marché spécifique représente aujourd’hui  à lui seul 10% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Un chiffre encore peu représentatif,  mais prescripteur dans un univers d’initiés, il n’est donc pas nécessaire de faire de la publicité dans les magazines de yachts. Seul regret de Michel Gosse, l’absence de chantiers français dans la construction de ces bateaux de luxe comme l’Octopus, le yacht du milliardaire américain Paul Allen, cofondateur de Microsoft. Réalisé par les chantiers allemands Lûrssen et HDV, il dispose de 9 ponts, d’un sous-marin de poche et peut accueillir pas moins de trois hélicoptères. Il en va de même pour le M/Y Eclipse, un yacht  construit par les chantiers Blohm & Voss de Hambourg  pour le compte du milliardaire russe Roman Abramovitch, ou encore le Venus dessiné par le designer français Philippe Stark pour Steve Jobs de patron charismatique d’Apple aujourd’hui disparu.  Des collaborations comme celles avec les familles d’Arabie Saoudite, du Koweït ou du Katar qui permettent d’imaginer des réalisations sur mesure, des pièces uniques de grande qualité qui tirent toute la production vers le haut. A cette occasion, il n’est pas rare d’intégrer un rubis et un saphir pour distinguer le robinet d’eau chaude de celui d’eau froide.

La force de THG, c’est de proposer une large gamme de style allant de l’art déco au contemporain, mais surtout de pouvoir répondre à toute demande spécifique. Un état d’esprit qui permet à THG de prendre l’ascendant sur ses concurrents  comme pour l’Hôtel de Paris à Monaco. Pour plus de réactivité, l’entreprise possède son propre bureau d’études. THG propose aujourd’hui pas moins de 100 collections composées de 60 à 70 références dans une trentaine de finition. Il faut les dessiner, réaliser les prototypes et les outils de fabrication. Pas moins de 10 métiers sont nécessaires afin d’assurer la production d’un robinet. THG utilise environ 130 tonnes de laiton en provenance de Belgique et d’Allemagne, 10% de cette matière première disparaît à la fusion. L’usine dispose de trois fours, la fonderie sable permet de réaliser de grosses pièces comme les mitigeurs de la série Atlas de Waterworks. La technique de boites à noyau de sable de fonderie permet après avoir injecté du sable et de la résine dans le moule de pouvoir obtenir des pièces évidées. L’apport d’une imprimante 3D permet de visualiser plus facilement les proportions des nouvelles pièces. La production se fait entièrement à la main, la partie la plus importante reste sans doute le polissage, aucune inclusion ne doit être présente avant le traitement.

L’un des points forts de THG est la maitrise de sa chaîne de production en coulant le laiton au sein de l’usine alors que les autres l’importent d’Italie ou du Portugal. On ne voit donc pas ce qui pourrait freiner le destin de cette société si ce n’est une grande difficulté de répondre à des normes de plus en plus complexes qui prennent des allures de mesures protectionnistes dans certains pays. C’est le cas aux USA, ou les Américains entendent supprimer le plomb du laiton, ils parlent même de l’interdire dans le Crystal. Ainsi, il est interdit d’utiliser du Nikel pour déposer du chrome sur une surface, il faut chercher des produits de substitution. Au fil de la visite de cette usine, on s’aperçoit que l’usinage est réalisé par des hommes alors que les tâches de polissage et d’assemblage reviennent aux femmes. Pas moins de 6 à 7 étapes sont nécessaires au polissage d’une pièce, un travail minutieux, car on ne cache pas un défaut avec un traitement de surface, chaque pièce doit être minutieusement contrôlée. THG est à la pointe au niveau environnemental  en n’effectuant pas de rejet d’eau ou de métaux. Dernière avancée, l’apparition d’une  machine de dépôt PVD, elle permet par pulvérisation cathodique de déposer de  fines couches  sous vide. Entre une et deux heures sont nécessaires pour déposer sur une pièce auparavant  chromée, du zirconium, du titane ou même de l’or de différentes couleurs. Un procédé qui offre 10 fois plus de résistance, l’avenir passera donc par la multiplication de ce type de machine, malgré un investissement entre 800.000 et 1 million d’euros afin de satisfaire la clientèle hôtelière désireuse de prolonger la longévité de ses investissements. L’atelier de gravure est en quelque sorte le fleuron en matière de personnalisation, de l’ancre du Phocéa aux aigles des toilettes du Kremlin en passant par la calligraphie chinoise tout est possible. L’atelier dédié au montage couvre à lui seul près de 4.000 m2.

Après avoir présenté 10 nouveaux designs cette année au salon de Francfort, THG travail secrètement sur une nouvelle collection attendue pour 2017 qui mettra en scène la collaboration de nouveaux  designers. L’entreprise envisage aussi son développement futur avec de nouvelles collaborations avec des références dans le domaine du luxe comme Hermès ou Chanel et même Karl Lagerfeld. Cette étape ne se fera qu’après un long chemin comme le reconnaît Michel Gosse. Afin d’accroitre sa présence sur le plan international, THG vient d’ouvrir après celui de Paris, un showroom à Londres. La Grande-Bretagne est une base incontournable pour les grands chantiers même si Paris reste la place idéale en matière de prescription. Hong-Kong et New York sont aussi des places incontournables ou THG est représenté comme Moscou, cette fois à destination d’une clientèle résidentielle privée. THG est aujourd’hui avec 5 filiales présentes dans 65 pays.

  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS
  • THG PARIS
    THG PARIS